Ralentir

Une douce brise printanières vient me caresser le visage. Je suis assis dans le jardin et je laisse vagabonder mon esprit.

Je pense à la laine, à la manière dont nous pratiquons notre métier. Dans ce monde ou la vitesse est un dogme, nous avons choisi de ralentir.

Ralentir pour faire notre métier dans le respect des matières, des animaux et du travail bien fait.

Mais que c'est compliqué de ramer à contre courant, quand le doute vous assaille! Que faudrait-il faire ?

Cette question me rappelle un passage de la pièce

CYRANO DE BERGERAC :

" Et que faudrait-il faire ?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,

et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,

Grimper par ruse au lieu de s'élever par force (...)

Exécuter des tours de souplesse dorsale ?

non merci ! (...)

Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?

Etre terrorisé par de vagues gazettes,

Et se dire sans cesse : "oh ! pourvu que je sois

dans le petits papiers du Mercure François ?

Non merci ! Calculer, avoir peur, être blème,

aimer mieux faire une visite qu'un poème,

rédiger des placets, se faire présenter ?

Non merci ! Non merci ! Non merci ! mais ... chanter,

rêver, rire, passer, être seul, être libre,

avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,

mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,

pour un oui, pour un non, se battre ou faire un vers !

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,

A tel voyage, auquel on pense, dans la lune (...)

Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,

lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,

ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! "

 

Finalement, à cette relecture, je pense que nous avons raison d'avoir fait le choix de ralentir et de continuer à cultiver nos valeurs !

 

Lainement vôtre

 

 

 

 

 

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